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Pandémie et humanisme

Un des effets marquants de la pandémie actuelle a été de placer l’humanisme au centre de nos préoccupations. Car, c’est bien de cela dont il s’agit actuellement. Sciemment ou inconsciemment tous les dirigeants, en plaçant la santé et l’alimentation humaine au premier plan des préoccupations, ils n’ont rien fait d’autre que de réinventer l’humanisme. Faut-il une guerre ou une pandémie pour s’en apercevoir? Manifestement oui mais, faut-il encore ne pas l’oublier une fois la pandémie vaincue.

A en croire les experts, il semble acquis que la science viendra à bout de la pandémie même au prix des conséquences pénibles en termes de morts qu’elle entrainera. 

Qu’en est-il néanmoins de la suite et des réponses à apporter aux conséquences sociales et économiques consécutives à la pandémie du coronavirus ?

Les débats à venir font craindre que l’humain, qui est actuellement au centre des préoccupations, ne soit délégué en élément accessoire et soit le simple produit des décisions prises sur l’approche économique.

A certains égards le pire semble même pointer son nez. L’approche nationale envisagée et même appliquée par les États membres au sein de l’UE ne présage rien de bon. S’il est justifié que de mesures nationales, voire régionales soient prises pour endiguer la propagation du virus, il en est pas de même pour la politique à l’égard des conséquences socio-économiques.

La pire des conséquences serait l’émergence des nationalismes et l’apparition des dogmes économiques. Souvent il y a même un lien de cause à effet. Les esprits sont parfois préparés de manière anodine. L’approche nationale face à un ennemi commun y participe. Les mots d’ordre « distanciation sociale » (quel oxymore !), la responsabilité individuelle, « rester chez soi « , peuvent y participer même si d’un point de vue strictement technique il n’y a pas lieu de les contester. Ne pouvait-on imaginer d’autres expressions ?

Le premier test sera sans conteste l’approche au sein de l’UE. La première tentative n’a pas été couronnée de succès. La suite nous le montrera. La présence de la philosophie humaniste ne peut être absente des débats à venir, au risque de sauver de structures à la place des humains.

Il y a néanmoins de quoi être moins confiant sur la suite à venir et notamment sur les débats politico-économiques qui vont suivre sur le plan européen. Entre les dogmes économiques des uns et l’excessive souplesse des autres, l’Europe risque de faire les frais. C’est à ce niveau-là que les notions humanistes doivent et peuvent intervenir dans le débat. En y ajoutant l’environnement le périmètre est défini mais saisirons-nous l’occasion?

L’alimentation humaine, la santé humaine et l’environnement sont des notions indissociables. La mise en place de la Politique Agricole Commune (PAC) comme un des piliers fondateurs de l’Union n’était rien d’autre que la conséquence de la guerre et la nécessité d’assurer à la population une alimentation suffisante et seine. Son maintien malgré les objectifs atteints est justifié par le fait que personne n’envisage de déléguer à des tiers un secteur aussi stratégique.

La mise en place d’une politique environnementale commune, même tardive, est apparue comme une nécessité notamment à l’égard de la santé. Cette dernière est restée notoirement exclusivement nationale et personne ne semble envisager une approche commune. Les raisons en sont multiples. Les différences dans les structures, les organisations administratives, les liens avec les régimes d’assurance ainsi que les transferts financiers induis ne permettent pas d’envisager une approche commune. Pourtant, une approche a minima sur certains aspects et dans des circonstances particulières est envisageable.

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