Moscou déploie un système de reconnaissance faciale pour surveiller les citoyens


Courrier international

Publié le 31/03/2020 -

Les Moscovites ne peuvent désormais plus sortir de chez eux que pour les achats de première nécessité, promener leur chien, “descendre leur poubelle” ou se rendre au travail “quand leur présence est indispensable”.

Un laissez-passer sera également bientôt nécessaire pour sortir de son quartier. Alors que l’épidémie de Covid-19 progresse en Russie, le régime de confinement va rapidement être imposé au reste du pays et le contrôle des contrevenants est voué à se durcir.

Comme le rapporte le quotidien Kommersant, les 175 000 caméras de surveillance actives à Moscou seront donc “urgemment” équipées du système de reconnaissance faciale de la société russe NtechLab, que la ville a déjà en sa possession mais qu’elle n’a pas encore entièrement déployé. Le 30 mars, le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, a ainsi déclaré :

J’espère que d’ici à la fin de la semaine, nous aurons les systèmes d’information permettant de contrôler quasi intégralement les déplacements des citoyens.”

Comme l’explique le journal, entreront dans le système les photos des personnes ayant enfreint le régime de confinement “afin qu’elles soient en surveillance constante” mais aussi les photos des malades confinés à domicile. Le système pourra également contrôler le confinement par zone d’habitations, repérer un “niveau d’activité douteux dans les logements et les halls d’immeubles”.

Précision importante du titre, le masque n’entrave pas la bonne marche du système, qui peut reconnaître une personne même si son visage est couvert à 40 %.

Analyser et anticiper les déplacements

Les données des caméras seront couplées aux informations fournies par les opérateurs téléphoniques. “Moscou va utiliser la même technologie qu’en Europe, commente le directeur général de l’entreprise Infosecurity, Kirill Solodovnikov. Les données des opérateurs mobile permettront d’obtenir rapidement une carte des habitants, d’analyser et d’anticiper les déplacements, d’empêcher les regroupements dans un même lieu.”

Cette débauche de technologies pour la surveillance des citoyens ne peut toutefois se déployer en faisant fi des lois, rappelle le titre. En effet, les données de localisation des abonnés et les données médicales personnelles sont protégées, tout comme sont interdites la conservation, l’utilisation et la communication d’informations sur la vie privée des personnes sans leur accord.

Le maire de Moscou en a lui-même convenu et a déclaré qu’une loi fédérale devrait être adoptée “afin de pouvoir travailler plus efficacement”.

Le secrétaire d’État à la Numérisation et à l’Intelligence Artificielle réalisera ensuite un rapport basé sur les mouvements de population “afin de déterminer les principales voies de contagion et de concevoir un modèle de lutte efficace” contre le coronavirus, explique La Vanguardia.

Il y a quelques mois, une étude similaire analysant les mouvements de la population espagnole avait suscité la polémique en Espagne, “en raison d’importants doutes concernant l’anonymisation des données collectées”, rappelle AB

Posts récents

Voir tout

Le Léviathan est de retour

Pankaj Mishra, essayiste, romancier et journaliste indien. “Nous vivons une période extraordinaire. […] Le coronavirus indique une transformation radicale, du type qui ne se produit qu’une fois par si

CONTACTS
SUIVRE LES ACTUALITÉS DE LA FONDATION

Fondation Clarens

Fondation de France

40 avenue Hoche
75008 Paris

contact@fondationclarens.org

© 2019 Fondation Clarens